La ronde des obsessions

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J’ai terminé ce billet en parlant de mes obsessions lorsque j’étais une jeune adulte. J’entends par là, lorsque je suis sortie de l’adolescence et ai démarré ma vie active.

A l’âge de 19 ans, j’ai fait une grosse dépression. J’étais en manque de repères, je me sentais détruite moralement. J’avais besoin de construire les fondations de ma nouvelle vie mais je ne savais pas de quelle manière m’y prendre. Mon cher et tendre, plein de patience et d’amour, m’a portée à bout de bras pour me garder la tête hors de l’eau et malgré ses efforts, au moindre moment d’inattention, je replongeais en eaux troubles.

J’ai passé plusieurs années à croire fermement que mon Salut résidait dans l’acquisition de certaines « choses ». C’est ainsi que je me suis mis en tête que je trouverais enfin la paix si j’avais un chien. Et la première obsession s’est emparée de moi. Plus rien ne comptait autour de moi, j’étais submergée par cette obsession canine. Je dévorais des magazines animaliers, je visitais toutes les animaleries que je croisais, je traînais mon cher amour dans des expositions canines. Je vivais chien, je mangeais chien et je dormais chien. Jusqu’au jour où j’ai compris que mon souhait ne serait pas exaucé.

C’est là que ma seconde obsession a fait son entrée. J’avais 20 ans. J’étais persuadée que je devais fonder ma propre famille. Et le même manège a recommencé. Boutiques pré-maman, magazines, émissions. Je connaissais l’univers de la maternité mieux qu’une mère! Mais à nouveau, mon cher amour a tenu bon.

Evidemment, chaque obsession s’accompagnait de crises de larmes intarissables, je me sentais si seule et abandonnée.

La 3e obsession est arrivée sous la forme d’un félin. Après des mois de crises où ma vie en dépendait (pensais-je), mon amour m’a accordé une faveur et notre chat a fait son entrée dans notre vie. Je me suis accrochée à lui comme à une bouée de sauvetage. Mais mes démons m’ont très vite rattrapée. J’ai donc voulu changer de travail, reprendre des études, avoir un chien, avoir un bébé, changer de travail, reprendre des études, … Le tout noyé dans les larmes.

Vous êtes toujours là? Parce que mon cher et tendre, lui, est resté. J’ignore où il a trouvé la force mais il est resté. Et il a continué à me porter à bout de bras, se débattant dans l’océan de mes larmes!

Jusqu’au jour où j’ai compris que je ne pouvais pas rester ainsi, avec des hauts et des bas tellement violents que je remettais en question ma vie entière. Une dame m’a aidée dans ma guérison et un voile noir s’est levé, me laissant apercevoir un ciel d’un bleu intense et la vie sous un angle nouveau.

 

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De manière cyclique

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Bien que les symptômes d’un éventuel TDA/H soient permanents et quotidiens, je remarque que leur intensité varie de manière cyclique. Je peux rester plusieurs semaines en étant assez alerte, avec des bugs moyennement pénibles, +/- gérables. Puis du jour au lendemain, sans doute parce que quelque chose de la plus haute importance à dû attirer mon attention et là, c’est la dégringolade. Mon corps est présent mais je ne suis plus que de chair et d’os. Mon esprit a fait ses valises, trouvant certainement l’herbe plus verte ailleurs.

Et c’est là que débute le cycle infernal où se mêlent les absences de l’esprit, les trous de mémoire, les réactions vives, brusques. Où je m’emballe pour un rien, tout m’énerve, je tombe des nues pour tout et pour rien, je suis tout le temps à côté de mes pompes. Je me cogne aux meubles, je me blesse, mon regard est continuellement perdu dans le vague et mon esprit est en proie à un tourbillon sans fin.

Avec un peu de chance, je parviendrai tout de même à rester sur les rails mais si non, je me retrouve à vouloir changer ma vie entière. Je suis à deux doigts de changer de boulot, je ne compte d’ailleurs plus les fois où j’ai voulu reprendre des études, persuadée que la clé de mon bien-être résidait dans cette solution.

J’ai un énorme besoin d’équilibre et de stabilité dans ma vie. Le moindre grain de sable peut faire tout dérailler. Au travail, il n’est pas rare que je perde pied juste parce qu’un élément dans l’équipe ne s’accorde pas avec moi, et c’est toute mon humeur qui s’en retrouve affectée.

Je parlerai d’ailleurs un jour de mes nombreuses obsessions qui ont gâché les plus belles années de ma vie de jeune adulte.

Run, Baby, run!

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Ca recommence, j’hyperfocalise encore! Je décortique à nouveau tous les sites parlant du TDAH et je ne vois plus le temps défiler! Je sais que j’ai une réunion de parent à 15h. Mon chéri m’a d’ailleurs envoyé un message pour me dire qu’il se réjouissait de savoir ce que la maîtresse avait à dire. Puis à 15h30, ma fille va chez la logopède. Ensuite, ma maman vient prendre le thé et ma sœur nous rejoint un peu après…

Ça fait plusieurs jours qu’on parle de cette journée chargée, je sais comment elle va se dérouler, c’est bon, je vais gérer.

Un coup d’oeil sur l’horloge, il me reste une heure devant moi, je vais me préparer à la salle de bain, j’ai encore un peu de temps pour lire sur le Net. TDAH TDAH TDAH TDAH… Je relève la tête vers l’horloge, elle est grande, très grande, on l’a d’ailleurs placée au milieu du mur pour remplacer un cadre…

15h!!!

Shit!! Je dois être à l’école! J’ai un lumbago, j’ai 300m en côte à effectuer, j’arrache ma veste du porte-manteau, la porte d’entrée claque et je cours le sprint de ma vie!

 

Déconnexion

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Je déconnecte. Tout le temps. Depuis toujours. Je me déconnectais avant même qu’apparaissent les tablettes et autres smartphones.Faut croire que j’étais en avance sur mon temps… J’ai toujours été maître dans l’art de déconnecter mon cerveau au moment le moins opportun. Comme ça, en une fraction de seconde, un simple claquement de doigts et tout s’éteint.

Mon regard reste fixe, sans point d’attache, mes pensées flottent dans le néant sans aucun port pour s’y amarrer. Une partie de moi tente pourtant de lutter contre le courant et essaye vainement de rebrancher la prise. Je la sens pourtant qui se débat telle une furie mais la lumière ne se fait pas… et je reste dans l’obscurité si chaleureuse de la non-pensée.

Il le sait pourtant, mon cher amour, qu’il ne doit pas venir ainsi sans prévenir. Depuis les années qu’il me côtoie, il sait très bien que ça ne fonctionne pas comme ça avec moi. Il ne faut pas se planter ainsi devant moi sans crier gare, pas quand mon esprit est occupé! Mes pensées sont là, comme un petit garçon assis sur le sol du grenier. Il joue avec des jeux qu’il vient de découvrir dans une grande malle secrète. Il va de découvertes en découvertes, chaque jouet est plus fantastique encore que le précédent. Que de merveilles! Il est absorbé par son activité, plus rien ne compte pour lui. D’ailleurs, il n’est même plus dans ce grenier, plus rien de matériel n’est autour de lui.

Mais soudain, quelqu’un entre dans le grenier et du bruit, lointain, se fait entendre. Le petit garçon distingue bien quelque chose mais c’est trop loin, trop difficile à atteindre. Il préfère rester en suspens…

 

CLAC CLAC! Font les doigts de mon cher amour. « Hé oh! Je te parle! Regarde-moi! Tu ne me regardes pas, là, je le vois, tes yeux ne sont pas là! »

Il m’a ramenée à la réalité… Raaah! Que je hais la réalité!