Incomprise?

bol-illustre-eternel-incompris

Les jours me séparant de mon 1er rendez-vous avec le neurologue diminuent. Et je commence à sentir une certaine angoisse poindre en moi. J’ai peur.

J’ai peur de ne pas trouver le bon interlocuteur, j’ai peur de ne pas être prise au sérieux. J’ai peur de faire toutes ces démarches, gaspiller de l’argent pour des tests, pour m’entendre dire au final que tout va bien.

J’ai peur et je me pose un tas de questions sur la légitimité de ma démarche parce qu’autour de moi, mes proches ne comprennent pas. Je vois des sourires se dessiner lorsque je parle de ce cheminement, des interrogations, j’entends mon barbu qui me sort à chaque fois ce sempiternel refrain: « mais ça va te servir à quoi de savoir? ».

Alors je me perds dans mes explications, je bafouille, je cafouille, je sens que je ne suis pas crédible, je me sens comme une imposteuse. Mais je le sens en moi, ce besoin de savoir, de mettre un nom sur tout ce qui ne tourne pas rond chez moi. Est-ce grave de vouloir savoir? Devrais-je plutôt rester une imbécile heureuse?

Heureuse d’être dépendante de mon conjoint, heureuse d’être souvent considérée comme un 2e enfant parce que je ne suis pas digne de confiance? Heureuse de me sentir tout le temps à la ramasse, à côté de la plaque? Oh bien sûr, quand j’en parle, l’on me répond que tout le monde à ses moments de flottement, de distraction, d’oublis. Mais quand c’est quasi permanent, quand toute ta vie ressemble juste à un gouffre sans fond et que les quelques fois où tu en sors la tête, tu te rends compte de la réalité des choses. Ben ça fait mal.

Non, il ne peut pas me faire confiance car il sait que je vais oublier. Il ne peut pas compter sur moi car il sait que je n’ai pas retenu. Et quand par miracle, j’ai un éclair de lucidité et que je pousse une gueulante parce que je me rends compte qu’il me prend pour une gosse, je parviens l’instant d’après à le conforter dans son comportement vis-à-vis de moi parce que j’ai de nouveau fait preuve d’inattention, d’oubli, et je redeviens cette petite fille dépendante qui n’arriverait à rien si elle était lâchée toute seule.

Notre couple a toujours marché ainsi, ce n’est pas nouveau. Mais parfois, ça me pèse de me sentir si inutile. Je voudrais devenir plus responsable, indépendante, j’en viens même parfois à rêver de vivre seule pour pouvoir me débrouiller. Puis mon « caractère » reprend le dessus et notre mode de fonctionnement également. Et la routine redémarre…

Et je me sens toujours incomprise…

 

Publicités

Vive le sport!

Course-a-pieds

En mai 2015, j’ai commencé la course à pied. Ca faisait longtemps que je voulais me remettre à un sport mais rien ne me satisfaisait. Mais quand on a passé 30 ans, qu’on a mis au monde un magnifique enfant, votre corps commence à vous rappeler que vous n’avez plus vos 20 ans. Courir après le bus relève très vite du tour de force et s’entendre dire par le chauffeur « Va falloir se mettre au sport! » quand vous avez effectué un 50m et qu’il vous faut 2 minutes pour parvenir à sortir un « bonjour! », vous vous dites que peut-être, par hasard, il serait judicieux de prendre un peu soin de cette enveloppe charnelle qui vous file quand même quelques bons services!

Bref, comme pour la plupart de mes passions, la course à pied est entrée dans ma vie de façon instantanée et sans crier gare. La magie du TDAH?

Je vous passe les détails de mes débuts lamentables sur les pistes mais force est de constater qu’une demi-année est passée et que je me tiens toujours à cette discipline. Et vous savez quoi? Le pire dans cette histoire, c’est que j’adore ça!

Et en réfléchissant un peu au TDAH et aux solutions pour palier à nos nombreux manquements, je me rends compte que le jogging est en fait une activité qui me fait le plus grand bien. De toute façon, ça ferait le plus grand bien à la majorité des gens mais dans mon cas, je sens un vrai bien-être autant physique que mental.

Lorsque je cours, mes pensées se calment. Elles ne sont pas figées ni absentes mais elles passent sans vraiment s’accrocher. Pour avoir un peu pratiqué la méditation, je peux dire que la sensation est assez similaire à ce niveau. Je vois mes pensées passer mais je ne m’y arrête pas et les laisse couler. Une image vient, voyage quelque secondes puis repart. Quand je cours, j’arrive à penser à rien en particulier, je suis incapable de réfléchir. Et ça me fait tellement de bien!

Alors je tente de progresser à mon rythme et aujourd’hui, je suis capable de courir 1h à 1h30 sans difficultés. Vous imaginez 1h30 de calme mental? C’est le pied, je peux vous le dire! On devient vite accro à ces plages de repos. J’essaye tout de même de ne pas exagérer en courant 2 à 3 fois la semaine, histoire de ne pas risquer de me blesser. Ce serait dommage!

Et vous? Faites-vous du sport pour vous vider l’esprit? Qu’en pensez-vous?

Mode organisation à la maison « ON »

IMG_0871

Comme je l’ai expliqué dans un billet précédent, l’organisation n’est vraiment pas une chose innée chez moi.

J’ai remarqué néanmoins qu’une technique marchait avec moi de façon assez satisfaisante. Le problème n’étant pas de l’appliquer mais plutôt de me tenir à son application au quotidien! Mais je constate que lorsque je la mets en oeuvre, ma journée se déroule de manière plus agréable, plus ordonnée et sans accro (ou presque!).

Au petit-déjeuner, je prends donc une feuille A5 et j’écris ma journée et mes tâches à la manière d’un mindmap. J’y mets quelques couleurs fluo pour chaque catégorie de tâches (je n’ai pas encore vraiment déterminé cette étape clairement), les couleurs aidant à donner un rendu plutôt « flashant ». Ensuite, je noircis chaque tâche effectuée au fur et à mesure.

A côté de ce papier A5, je colle un post-it vierge sur lequel je vais écrire toutes les pensées qui me passent par la tête et qui demandent d’aller par exemple sur Internet. Mais aussi les choses à ne pas oublier mais qui n’ont peut-être rien à voir avec mes tâches du jour. Le but étant de ne pas aller sur le Net à tout bout de champs mais déterminer des moments dans la journée pour consulter certains points de ce post-it. Pour ma part, c’est lors de mes 2 Tea Time de la journée que je me permets cette pause Internet.

Le plus important est de trouver un endroit, dans la cuisine par exemple, où on aura à tout moment les feuilles sous les yeux. J’ai essayé auparavant d’écrire dans un agenda mais ce dernier n’étant pas à portée des yeux, je ne le consultais pas. Ici, c’est collé sur ma hotte, en plein milieu de mon champs de vision!

Je constate que ce moyen est vraiment adapté dans mon cas. Le tout étant de se discipliner un minimum car les tentations sont grandes. Mais quand on utilise les 2 feuillets correctement, on parvient plus facilement à s’y tenir. Mon gros souci, c’est que j’oublie de mettre cette méthode en pratique. Je sais qu’elle fonctionne mais j’oublie, purement et simplement!

Cela dit, voici une semaine que je la mets chaque jour en application, au début, mon barbu rigolait mais après une semaine d’utilisation, je constate que non seulement je m’organise mieux mais aussi que mon barbu et ma fille consultent eux aussi ma fiche d’organisation!

Et vous? Quel genre de méthode avez-vous mis au point pour vous organiser?

Au marché, au marché…

image

…tu peux, tu peux tout trouver!

J’ai vécu aujourd’hui une bien belle illustration de ce qu’est ma vie lorsque je dois sortir de ma routine. Chose qui arrive extrêmement rarement, j’ai congé un samedi. Et qui dit « samedi » dit « Marché au village »! J’avais prévu d’aller y faire un tour avec ma fille pour acheter des légumes et un peu de charcuterie. Mon barbu me donne la carte de banque en précisant que je dois retirer de l’argent AVANT d’aller sur le marché. Jusque là, rien de compliqué.

J’embarque ma fille avec moi en lui disant les recommandations de mon cher et tendre et nous montons au village. Je vois les échoppes, me dirige tout franche vers la 1ère et ma fille de m’arrêter dans mon élan en me rappelant qu’il faut d’abord retirer de l’argent. « Ah oui, ma chérie, heureusement que tu es là! »

Nous faisons le tour, prenons ce qui était prévu, tout se passe bien et nous rentrons à la maison. Je suis fière d’avoir su gérer cette sortie sans oublier la moitié des courses! Ce qui en général, ne loupe pas!!

Mon barbu, qui est au boulot, me demande comment ça s’est passé, combien j’ai dépensé et je lui réponds que je n’ai utilisé que 10€ sur les 30 retirés. Il me dit que c’est bizarre d’avoir dépensé si peu, je réfléchis et me rappelle vaguement avoir sorti un second billet de 10€ chez le primeur.

Sa réponse est sans appel: « Hé ben, on est sauvé avec toi! »

 

Ce n’est qu’une question d’organisation!

maxresdefault

 

ORGANISATION… S’il y a bien un mot qui a du mal à résonner en moi de façon logique, c’est ce mot: organisation. Comme je l’ai déjà dit, j’aime beaucoup l’utiliser, dire que « ce n’est qu’une question d’organisation! ». Mais dans les faits, je suis totalement incapable de m’organiser.

Mes papiers sont un vrai fouillis, je les trie tous les 2-3 ans environ. La pile s’entasse dans une armoire fermée et j’ignore comment mon chéri parvient à faire tenir cette montagne de documents! Parce que oui, c’est mon cher et tendre qui s’occupe d’alimenter mon « tas »! Moi, il ne me vient même pas à l’esprit de les monter dans le bureau!

Mon travail quotidien à la maison ressemble plus au « tout en urgence » que « chaque chose l’une après l’autre ». Il arrive très souvent (que dis-je! Tout le temps) que vienne l’heure du souper et donc du retour de mon cher et tendre et que je me rende compte que j’ai laissé traîner le ménage. Je me mets alors à tout faire dans l’urgence.

Vu de l’extérieur, tout semble fait mais si on creuse…

Bref, j’ai déjà passé des heures et des heures sur des sites traitant du sujet ORGANISATION, ANTI-PROCRASTINATION sans jamais parvenir à me tenir à quoique ce soit. Et bien entendu, ça me frustre au plus haut point de me sentir aussi peu efficace!

Mais depuis peu, je regarde les choses sous un autre angle. Si réellement, j’avais le TDAH, ça voudrait dire que je ne suis génétiquement pas programmée pour savoir faire ce genre de tâches (hahaha la bonne excuse à 2 balles!). Donc je vais devoir trouver une technique qui m’est propre et qui m’aidera à trouver un mode d’organisation qui puisse me satisfaire. Et mes exigences ne sont pas très élevées, je ne m’attends pas à devenir une pro dans le domaine!

Mon problème est sans conteste mon hyperactivité mentale. C’est comme ça que je la définis le mieux. Trop d’idées me passent par la tête pour que je parvienne à me focaliser uniquement sur ma tâche principale. Lorsque je prends mes poussières, je dois m’arrêter constamment pour aller voir sur le Net l’idée qui vient de me traverser l’esprit et qui finit par prendre toute la place si je n’assouvis pas ma pulsion à ce moment-là. Bien sûr, une idée en entraîne souvent une autre et c’est comme ça que sont passées parfois plusieurs heures sans que j’aie fait la moindre chose utile! Ou en tout cas, en coupant continuellement mon travail, ce qui finalement revient au même!

L’attirance du + et du –

opposes-attirent

 

On dit que les contraires s’attirent. Ca ne peut pas être plus vrai dans le cadre de notre couple. Je me demande souvent comment deux esprits aussi éloignés parviennent à se rejoindre de façon aussi étonnante! Lorsque je parle de notre relation, je dis toujours qu’il est les pieds sur terre et que je suis la tête en l’air. Imaginez cette image d’un homme fermement encré dans le sol, retenant par les pieds une femme qui s’envole tel un ballon de baudruche. Mon couple, c’est ça.

Je me demande très souvent comment une personne aussi différente de moi, ayant un mode de fonctionnement tellement opposé au mien, peut se combiner aussi parfaitement avec mon être. Et pourtant, ça marche.

Il est d’une telle patience avec moi, je le sens parfois, à la limite de l’explosion et pourtant, il ravale le geyser qui bout en lui et d’un clignement des yeux, répète à nouveau les paroles qu’il vient de me dire et que, bien sûr, je n’ai pas entendues.

Parfois, j’avoue que je lui donne de fausses joies. Car il pense que je ne l’entends pas, il me fait répéter ce qu’il vient de dire, je répète exactement ses mots. Je vois le soulagement sur son visage, heureux d’avoir été entendu… Mais il se fait avoir à chaque fois! Car j’ai déjà tout oublié.

Ou alors, je lui réponds de façon très cohérente. Là aussi, il semble soulagé. Puis 2 secondes plus tard, je lui pose la même question.

Mon cerveau, souvent, croit avoir une super idée! J’en fais part à mon cher amour. Et il me répond, stoïquement, que c’est ce qu’il vient de me dire…

Alors je ris… et il rit… ou il soupire, tout dépend de l’importance de ses propos. Mais jamais il ne s’énerve violemment. Il cligne des yeux et répète à nouveau ses paroles. Ce qui ne veut pas dire qu’il a gagné son combat! ^^

On dit que les contraires s’attirent…