Incomprise?

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Les jours me séparant de mon 1er rendez-vous avec le neurologue diminuent. Et je commence à sentir une certaine angoisse poindre en moi. J’ai peur.

J’ai peur de ne pas trouver le bon interlocuteur, j’ai peur de ne pas être prise au sérieux. J’ai peur de faire toutes ces démarches, gaspiller de l’argent pour des tests, pour m’entendre dire au final que tout va bien.

J’ai peur et je me pose un tas de questions sur la légitimité de ma démarche parce qu’autour de moi, mes proches ne comprennent pas. Je vois des sourires se dessiner lorsque je parle de ce cheminement, des interrogations, j’entends mon barbu qui me sort à chaque fois ce sempiternel refrain: « mais ça va te servir à quoi de savoir? ».

Alors je me perds dans mes explications, je bafouille, je cafouille, je sens que je ne suis pas crédible, je me sens comme une imposteuse. Mais je le sens en moi, ce besoin de savoir, de mettre un nom sur tout ce qui ne tourne pas rond chez moi. Est-ce grave de vouloir savoir? Devrais-je plutôt rester une imbécile heureuse?

Heureuse d’être dépendante de mon conjoint, heureuse d’être souvent considérée comme un 2e enfant parce que je ne suis pas digne de confiance? Heureuse de me sentir tout le temps à la ramasse, à côté de la plaque? Oh bien sûr, quand j’en parle, l’on me répond que tout le monde à ses moments de flottement, de distraction, d’oublis. Mais quand c’est quasi permanent, quand toute ta vie ressemble juste à un gouffre sans fond et que les quelques fois où tu en sors la tête, tu te rends compte de la réalité des choses. Ben ça fait mal.

Non, il ne peut pas me faire confiance car il sait que je vais oublier. Il ne peut pas compter sur moi car il sait que je n’ai pas retenu. Et quand par miracle, j’ai un éclair de lucidité et que je pousse une gueulante parce que je me rends compte qu’il me prend pour une gosse, je parviens l’instant d’après à le conforter dans son comportement vis-à-vis de moi parce que j’ai de nouveau fait preuve d’inattention, d’oubli, et je redeviens cette petite fille dépendante qui n’arriverait à rien si elle était lâchée toute seule.

Notre couple a toujours marché ainsi, ce n’est pas nouveau. Mais parfois, ça me pèse de me sentir si inutile. Je voudrais devenir plus responsable, indépendante, j’en viens même parfois à rêver de vivre seule pour pouvoir me débrouiller. Puis mon « caractère » reprend le dessus et notre mode de fonctionnement également. Et la routine redémarre…

Et je me sens toujours incomprise…

 

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Relations TDAH/quotidien #11

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#11  Impatience: pauvre tolérance à la frustration. Toutes les sortes de frustrations rappellent à l’adulte atteint de TDA/H ses échecs passés. Il se dit « Ah non! Pas encore ça! ». Il se fâche ou se retranche. L’impatience est due au besoin de stimulation et peut amener les autres à voir l’adulte hyperactif comme un immature ou un insatiable.

J’ai une faible tolérance à la frustration, c’est un fait.

J’aime quand on va dans mon sens, j’aime avoir raison, j’aime faire « mon petit général ». Le problème, c’est que je me plante souvent, même quand je suis certaine de quelque chose, tu peux être sûr que je me plante! Alors je suis frustrée, je râle, ça m’énerve!

Je ne suis pas quelqu’un de très patient, disons qu’avec l’âge, j’apprends à me contrôler dans certaines situations. Au travail par exemple, je m’étonne moi-même de mon haut niveau de patience avec les clients alors qu’à côté, je peux devenir limite tyrannique lorsqu’une nouvelle étudiante se pointe. Elle est trop lente, elle ne réfléchit pas assez, bref, ça m’énerve.

Je pense que d’une certaine façon, j’ai tendance à reproduire le comportement de ma maman à mon égard. Elle avait cette tendance à me secouer pour que j’avance, que je sois réactive et que je prenne les choses en main. Son niveau de tolérance était peu élevé aussi.

 

 

La ronde des obsessions

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J’ai terminé ce billet en parlant de mes obsessions lorsque j’étais une jeune adulte. J’entends par là, lorsque je suis sortie de l’adolescence et ai démarré ma vie active.

A l’âge de 19 ans, j’ai fait une grosse dépression. J’étais en manque de repères, je me sentais détruite moralement. J’avais besoin de construire les fondations de ma nouvelle vie mais je ne savais pas de quelle manière m’y prendre. Mon cher et tendre, plein de patience et d’amour, m’a portée à bout de bras pour me garder la tête hors de l’eau et malgré ses efforts, au moindre moment d’inattention, je replongeais en eaux troubles.

J’ai passé plusieurs années à croire fermement que mon Salut résidait dans l’acquisition de certaines « choses ». C’est ainsi que je me suis mis en tête que je trouverais enfin la paix si j’avais un chien. Et la première obsession s’est emparée de moi. Plus rien ne comptait autour de moi, j’étais submergée par cette obsession canine. Je dévorais des magazines animaliers, je visitais toutes les animaleries que je croisais, je traînais mon cher amour dans des expositions canines. Je vivais chien, je mangeais chien et je dormais chien. Jusqu’au jour où j’ai compris que mon souhait ne serait pas exaucé.

C’est là que ma seconde obsession a fait son entrée. J’avais 20 ans. J’étais persuadée que je devais fonder ma propre famille. Et le même manège a recommencé. Boutiques pré-maman, magazines, émissions. Je connaissais l’univers de la maternité mieux qu’une mère! Mais à nouveau, mon cher amour a tenu bon.

Evidemment, chaque obsession s’accompagnait de crises de larmes intarissables, je me sentais si seule et abandonnée.

La 3e obsession est arrivée sous la forme d’un félin. Après des mois de crises où ma vie en dépendait (pensais-je), mon amour m’a accordé une faveur et notre chat a fait son entrée dans notre vie. Je me suis accrochée à lui comme à une bouée de sauvetage. Mais mes démons m’ont très vite rattrapée. J’ai donc voulu changer de travail, reprendre des études, avoir un chien, avoir un bébé, changer de travail, reprendre des études, … Le tout noyé dans les larmes.

Vous êtes toujours là? Parce que mon cher et tendre, lui, est resté. J’ignore où il a trouvé la force mais il est resté. Et il a continué à me porter à bout de bras, se débattant dans l’océan de mes larmes!

Jusqu’au jour où j’ai compris que je ne pouvais pas rester ainsi, avec des hauts et des bas tellement violents que je remettais en question ma vie entière. Une dame m’a aidée dans ma guérison et un voile noir s’est levé, me laissant apercevoir un ciel d’un bleu intense et la vie sous un angle nouveau.

 

Relations TDAH/quotidien #10

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#10  Difficulté à suivre les règles établies. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce critère n’a rien à voir avec des problèmes non-résolus reliés à l’autorité. C’est plutôt une manifestation d’ennui et de frustration: l’ennui de suivre une routine en regard à l’excitation entourant de nouvelles approches et la frustration de ne pas pouvoir faire les choses de la façon dont elles devraient être faites.

Ce critère ne m’inspire pas vraiment. Je pense que je suis plutôt du genre à respecter les règles, pareil lorsque je cuisine, je ne suis pas du genre à y mettre mon grain de sel. A la rigueur, si vraiment je ne respecte pas, c’est surtout parce que j’ai zappé une étape ou que je me suis emmêlée les pinceaux mais pas par frustration ou par ennui.

Au contraire, je pense avoir besoin d’être aiguillée dans la vie, j’aime qu’on me donne une direction à suivre. Enfin, je crois…

 

Relations TDAH/quotidien #9

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#9  Souvent créatif, intuitif et très intelligent. Cela n’est pas un symptôme mais un trait qui mérite d’être souligné. L’adulte atteint de TDA/H possède souvent un esprit très créatif. Au beau milieu de leur « désorganisation » et de leur distraction, il a des éclairs de génie. Capturer ses moments spéciaux est un des buts du traitement de l’adulte TDA/H.

Comme ma maman le dit souvent, je suis « l’artiste de la famille ». Nous reparlons parfois de cette période de mon adolescence où elle me voyait sortir de ma chambre, déballer mes pastels et mes papiers à dessin et commencer à dessiner en pleine période de blocus. Cette manie chez moi avait le don de la rendre folle, d’inquiétude surtout, car elle ne comprenait pas ce besoin que j’éprouvais de m’enfermer dans une bulle créative pour décompresser. C’est bien des années plus tard qu’elle a admis avoir compris ce besoin.

Plus tard, lorsque je me suis mise en ménage, je suis passée par une période à vide de 7 ans sans toucher un crayon. Le dessin était sorti de ma vie en même temps que mon insouciance d’adolescente. Mais un jour, la machine s’est remise en marche pour ne plus s’arrêter durant plusieurs années. J’ai tenu un blog, qui m’a procuré un plaisir immense. Plus qu’un plaisir, c’était devenu pour moi une nécessité. J’aimais raconter mes histoires de jeune maman au travers de mes dessins et les retours que j’en avais me comblaient.

Mais le dessin ne me suffisait pas et je me suis mise à peindre puis à coudre. Je me sentais prise comme dans un tourbillon de création où tout m’inspirait et rien ne m’arrêtait.

 

 

Vive le sport!

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En mai 2015, j’ai commencé la course à pied. Ca faisait longtemps que je voulais me remettre à un sport mais rien ne me satisfaisait. Mais quand on a passé 30 ans, qu’on a mis au monde un magnifique enfant, votre corps commence à vous rappeler que vous n’avez plus vos 20 ans. Courir après le bus relève très vite du tour de force et s’entendre dire par le chauffeur « Va falloir se mettre au sport! » quand vous avez effectué un 50m et qu’il vous faut 2 minutes pour parvenir à sortir un « bonjour! », vous vous dites que peut-être, par hasard, il serait judicieux de prendre un peu soin de cette enveloppe charnelle qui vous file quand même quelques bons services!

Bref, comme pour la plupart de mes passions, la course à pied est entrée dans ma vie de façon instantanée et sans crier gare. La magie du TDAH?

Je vous passe les détails de mes débuts lamentables sur les pistes mais force est de constater qu’une demi-année est passée et que je me tiens toujours à cette discipline. Et vous savez quoi? Le pire dans cette histoire, c’est que j’adore ça!

Et en réfléchissant un peu au TDAH et aux solutions pour palier à nos nombreux manquements, je me rends compte que le jogging est en fait une activité qui me fait le plus grand bien. De toute façon, ça ferait le plus grand bien à la majorité des gens mais dans mon cas, je sens un vrai bien-être autant physique que mental.

Lorsque je cours, mes pensées se calment. Elles ne sont pas figées ni absentes mais elles passent sans vraiment s’accrocher. Pour avoir un peu pratiqué la méditation, je peux dire que la sensation est assez similaire à ce niveau. Je vois mes pensées passer mais je ne m’y arrête pas et les laisse couler. Une image vient, voyage quelque secondes puis repart. Quand je cours, j’arrive à penser à rien en particulier, je suis incapable de réfléchir. Et ça me fait tellement de bien!

Alors je tente de progresser à mon rythme et aujourd’hui, je suis capable de courir 1h à 1h30 sans difficultés. Vous imaginez 1h30 de calme mental? C’est le pied, je peux vous le dire! On devient vite accro à ces plages de repos. J’essaye tout de même de ne pas exagérer en courant 2 à 3 fois la semaine, histoire de ne pas risquer de me blesser. Ce serait dommage!

Et vous? Faites-vous du sport pour vous vider l’esprit? Qu’en pensez-vous?

Relations TDAH/quotidien #7

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Continuons la série des critères du TDAH et de leur relation avec mon quotidien. (Liste trouvée sur ce site)

Pour lire le début: #1 , #2 , #3 , #4 , #5 , #6

#7 Tendance à être facilement ennuyé. Corrélation avec le numéro 6. L’ennui entoure l’adulte atteint de TDA/H, il est comme un puisard, toujours prêt à drainer son énergie et à le laisser assoiffé de stimulations. Ce critère peut facilement être interprété comme un manque d’intérêt. C’est plutôt une inhabilité à maintenir son intérêt dans le temps. Malgré tout l’intérêt de l’adulte, ses « batteries » tombent à plat rapidement quand il s’agit de concentration.

Comme je le dis souvent: « Ca ne m’amuse plus… », lorsque je fais une activité et la stoppe en plein milieu.

Mais ça peut très bien être aussi en rapport avec une discussion. Si celle-ci ne m’intéresse pas, je suis incapable de rester concentrée dessus. Parfois, je sens ma tête dodeliner comme pour acquiescer mais je sens mon esprit qui virevolte tout autour de moi. Je regarde la personne, mais je ne l’entends plus et il m’arrive même de penser que je dois écouter sinon je ne vais rien retenir mais c’est trop tard, j’ai déjà perdu le fil…

Comme une sensation de se dédoubler. Le corps est présent mais l’esprit a déjà pris son baluchon et s’est barré!

Pour ma part, je ne parlerais même pas de batteries! Chez moi, c’est à plat avant même d’avoir été actionné! ^^